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Écologie urbaine

Au sens étymologique, écologie signifie connaissance du milieu. L’écologie urbaine n’est donc rien d’autre que la connaissance de la manière dont les villes fonctionnent. L’écologie urbaine s’intéresse aux flux et aux relations. Elle considère la ville comme un écosystème, d’autant plus efficace qu’il est complexe, c’est-à-dire qu’il puise peu de ressources, notamment énergétiques, dans le monde extérieur et développe un système de relations dont toutes ses composantes bénéficient.

Ces flux et ces relations s’analysent à la fois comme des échanges entre la ville ou le territoire et le monde extérieur, et des échanges internes au territoire ou à la ville. Ces échanges sont de multiples natures, flux d’énergie, de matières, d’informations, d’argent, recherche de coopérations et de complémentarités entre les acteurs.

L’écologie urbaine est au coeur de la transition vers des sociétés durables dont l’objectif est d’assurer le plus grand bien être possible à tous en limitant au maximum la dépendance du système à l’égard d’apports extérieurs en énergie et en matière. L’introduction de ces préoccupations nouvelles depuis une vingtaine d’années a fait prendre conscience que dans une économie monétarisée, les villes et territoires connaissaient très mal leur propre métabolisme. Il a fallu développer de nouveaux modes d’analyse et promouvoir dans tous les domaines des symbioses, c’est-à-dire des complémentarités entre activités.

Un village d’autrefois connaissait bien son métabolisme, les flux de matières et d’énergies entrant et sortant, les relations entre les différents milieux et groupes sociaux. Les villes, à l’exception des plus grandes, devaient vivre en équilibre avec les ressources agricoles et énergétiques du territoire environnant. De cette connaissance et de ces équilibres dépendait le développement ou la survie du territoire.

Cette connaissance s’est progressivement perdue au fur et à mesure qu’elle semblait moins nécessaire, quand la révolution industrielle, le développement des économies nationales, la prédominance des échanges monétarisés, la mondialisation enfin, ont pu mobiliser, du moins dans les pays industriels, de l’énergie et de la matière du monde entier. La pensée sur la ville et le territoire est devenue moins organique et plus mécanique : on s’est moins intéressé à l’ensemble des flux et relations entre le territoire et l’extérieur ou au sein des territoires, en considérant plutôt la ville comme devant assumer, notamment grâce au développement de réseaux, un certain nombre de fonctions assurées par autant de réseaux et d’équipements : réseaux assurant la mobilité, réseaux distribuant l’énergie et l’eau ou collectant les eaux usées les déchets, parcs de logements, zones d’activités, équipements scolaires, sportifs, de santé, etc...

Cette approche fonctionnelle est comparable à celle qui a prévalu dans les territoires ruraux avec une agriculture industrialisée et artificialisée, puisant ses intrants dans le monde industriel et rejetant ses déchets dans l’environnement. Elle s’est traduite, au niveau urbain, par le zonage et la séparation des fonctions.

La généralisation de l’économie monétarisée, de son côté, a masqué la nature des flux et échanges de matières, d’énergies, d’informations et de travail au sein même d’un territoire ou entre ce territoire et le monde extérieur. Il en est résulté des villes et territoires très dépendants des ressources extérieures en énergie et en matière, connaissant mal leur propre métabolisme.

De telles villes consomment à l’amont beaucoup de matières et rejettent à l’aval beaucoup de déchets, rejetés dans un premier temps dans l’environnement extérieur puis faisant, dans un second temps, l’objet d’un traitement plus ou moins poussé.

A partir des années 70, les impacts environnementaux de ce mode de fonctionnement des villes se sont fait sentir de plus en plus lourdement, débouchant sur des politiques multiples de préservation de l’environnement urbain, mais sans changement fondamental du mode de fonctionnement des villes. A partir des années 80, notamment à l’occasion du premier sommet de la terre de 1992, c’est l’ensemble du modèle et sa pérennité qui ont été mis en question.

Le caractère non durable aussi bien des villes que de l’agriculture est apparu au grand jour. On a alors recommencé à s’intéresser à la ville et au territoire comme à des systèmes complexes. Le modèle d’analyse des écosystèmes, développée au départ pour les écosystèmes naturels, a été transposé, privilégiant l’analyse des symbioses (complémentarités entre organismes vivants), et la recherche d’un « bouclage » des longues chaînes de transformation et de régénération de la matière (d’où l’expression « économie circulaire »).

En parallèle, au lieu de considérer les activités économiques des villes comme juxtaposées, on a recommencé à s’intéresser aux systèmes productifs locaux, en particulier aux coopérations entre activités économiques (districts industriels) aux synergies entre établissements de recherche ou d’enseignement et entreprises (pôles de compétitivité), aux conditions dans lesquelles les déchets d’une activité pouvait être la matière première d’une autre (écologie industrielle) aux conditions dans lesquelles la dégradation de l’énergie électrique et mécanique en chaleur, caractéristique de beaucoup d’activités économiques permettait d’utiliser cette chaleur pour le chauffage urbain, etc..

Ce souci de réduire « l’empreinte écologique des villes et territoires » a conduit les gestionnaires de services urbains à changer de regard, en donnant la priorité aux questions d’efficacité énergétique avec un retour à la mobilité douce et aux transports collectifs, à l’isolation des logements. D’autres innovations visent un usage partagé des équipements et privilégient, plus généralement, les services rendus par les équipements plutôt que les équipements eux-mêmes pour substituer chaque fois que possible un service – donc du travail humain – à un bien manufacturé – condensé d’énergies et de matières économie de la fonctionnalité).

Cet intérêt pour les systèmes de relations conduit aussi à s’intéresser au « capital immatériel » des villes et territoires : ce capital immatériel est le résultat de longs apprentissages de la coopération, apprentissages mobilisés chaque fois que le territoire et la ville sont confrontés à de nouveaux défis.

Si la prise de conscience du caractère non durable du fonctionnement actuel de nos villes et territoires est maintenant générale, la connaissance des métabolismes urbains et territoriaux reste très insuffisante. Seuls quelques territoires se sont jusqu’à présent dotés d’une connaissance des flux de matières entrant et sortant mais la connaissance des circulations internes aux territoires reste faible. Néanmoins, l’échelle territoriale et urbaine se révèle particulièrement adaptée à la conduite de la transition vers des sociétés durables. De nombreux réseaux de villes se sont créés pour promouvoir cette transition ; leurs échanges et leurs expériences stimulent le développement de l’écologie urbaine.

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